Désenfumage des Espaces d’Attente Sécurisés (EAS)

Désenfumage EAS (Espace d'attente sécurisé)

Le désenfumage EAS (Espaces d’Attente Sécurisés) est obligatoire dans la sécurité incendie des bâtiments. Conçus pour accueillir les Personnes à Mobilité Réduite (PMR) et autres occupants en attente d’évacuation, les EAS doivent répondre à des normes strictes en matière de sécurité. Cet article explore en profondeur les différents aspects des EAS, en se concentrant particulièrement sur le désenfumage, un élément vital pour garantir un environnement sûr en cas d’incendie.

Espaces d’Attente Sécurisés (EAS) : définition

Les Espaces d’Attente Sécurisés (EAS) sont des zones spécifiques au sein des bâtiments, destinées à offrir un refuge temporaire aux personnes ne pouvant pas utiliser les escaliers lors d’une évacuation d’urgence. Les EAS sont conçus pour protéger les occupants des fumées et des flammes jusqu’à ce qu’ils puissent être évacués en toute sécurité par les services de secours. Ils le peuvent notamment par la mise en place d’un système de désenfumage EAS doit y être installé.

Ces espaces sont particulièrement importants dans les établissements recevant du public (ERP) où la diversité des occupants nécessite des moyens d’évacuation adaptées à tous. Les EAS doivent être situés de manière stratégique, proches des sorties de secours ou des cages d’escalier protégées, et équipés de dispositifs de communication et de sécurité adéquats.

Le rôle de l’EAS dans la sécurité incendie

L’EAS offre une zone protégée contre les dangers immédiats d’un incendie, principalement les fumées toxiques et les flammes. En permettant aux personnes ne pouvant évacuer rapidement de se réfugier dans un espace sûr, l’EAS contribue à réduire le risque de panique et à organiser une évacuation ordonnée et efficace.

La présence d’un EAS bien conçu et correctement équipé permet aux services de secours de localiser rapidement et d’évacuer les personnes en attente, minimisant ainsi les risques de blessures ou de décès. De plus, les EAS permettent de respecter les obligations légales en matière d’accessibilité et de sécurité incendie, notamment pour les PMR.

La réglementation des EAS dans les ERP

Les EAS doivent respecter des normes strictes définies par la réglementation en vigueur. En France, les ERP sont soumis au Code de la construction et de l’habitation ainsi qu’aux arrêtés spécifiques qui précisent les exigences en matière de sécurité incendie.

Ces réglementations imposent notamment que les EAS soient :

  • Facilement accessibles et clairement signalés,
  • Proches des issues de secours ou des escaliers protégés,
  • Équipés de systèmes de désenfumage efficaces,
  • Munis de dispositifs de communication (interphones) reliés aux services de secours,
  • Capables de résister au feu pendant une durée suffisante pour permettre une évacuation en toute sécurité.

Le respect de ces normes est essentiel pour garantir la sécurité des occupants et la conformité légale des bâtiments.

Les 3 principes clés des EAS

Trois principes clés régissent la conception et la mise en place des EAS :

  1. Protection contre les fumées et les flammes : Les EAS doivent être conçus pour empêcher la pénétration des fumées et des flammes, garantissant ainsi un environnement respirable et sécurisé pour les occupants en attente,
  2. Accessibilité et signalisation : Les EAS doivent être facilement accessibles pour les PMR et autres occupants. Ils doivent également être clairement signalés pour être rapidement repérés en cas d’urgence,
  3. Communication efficace : Les EAS doivent être équipés de dispositifs de communication, tels que des interphones, permettant aux occupants de signaler leur présence et de recevoir des instructions des services de secours.

Quand et pourquoi installer un EAS ?

L’installation d’un EAS est nécessaire dans plusieurs contextes, notamment dans les bâtiments de grande hauteur, les ERP, et les bâtiments accueillant des personnes à mobilité réduite. Ces espaces sont cruciaux pour assurer la sécurité de tous les occupants, en particulier ceux qui ne peuvent pas évacuer rapidement en cas d’incendie.

Les raisons principales pour installer un EAS incluent :

  • Conformité légale : Respecter les réglementations en vigueur concernant la sécurité incendie et l’accessibilité,
  • Sécurité accrue : Offrir un refuge sûr aux personnes vulnérables pendant une évacuation d’urgence,
  • Gestion efficace des urgences : Faciliter le travail des services de secours en leur fournissant des points de regroupement clairement définis et sécurisés.

Ces espaces sont essentiel dans la stratégie de désenfumage en ERP.

La mise en place d’un EAS pour les PMR

Pour les personnes à mobilité réduite, les EAS représentent une composante essentielle de la sécurité incendie. Lors de la conception et de l’aménagement d’un EAS, il est crucial de prendre en compte les besoins spécifiques des PMR.

Les EAS pour les PMR doivent :

  • Être suffisamment spacieux pour accueillir les fauteuils roulants,
  • Disposer de rampes d’accès et d’issues de secours adaptées,
  • Être équipés de sièges confortables pour les personnes ne pouvant pas rester debout longtemps,
  • Inclure des dispositifs de communication accessibles à tous, y compris aux personnes ayant des déficiences auditives ou visuelles.

Une formation équipier d’évacuation doit être envisagée dans les entreprises pour gérer au mieux ces situations.

Les équipements de sécurité indispensables dans un EAS

Pour assurer une protection optimale, les EAS doivent être équipés de divers dispositifs de sécurité. Ces équipements comprennent :

  • Portes coupe-feu : Empêchent la propagation des flammes et des fumées,
  • Systèmes de désenfumage : Maintiennent l’air respirable en évacuant les fumées toxiques,
  • Interphones de sécurité : Permettent aux occupants de communiquer avec les secours,
  • Éclairage de secours : Assure une visibilité suffisante en cas de coupure de courant,
  • Extincteurs : Permettent de maîtriser les petits départs de feu en attendant l’arrivée des secours.

L’importance de l’interphone de sécurité dans un EAS

L’interphone de sécurité est un élément important des EAS, car il permet aux occupants de signaler leur présence et de recevoir des instructions des services de secours. Un système de communication efficace permet de coordonner les opérations de sauvetage et garantir que personne ne soit oublié dans un espace sécurisé.

Les interphones doivent être :

  • Faciles à utiliser et accessibles à tous,
  • Reliés à un poste central surveillé en permanence,
  • Munis d’un dispositif de secours pour assurer leur fonctionnement en cas de panne de courant.

Principe et fonctionnement du désenfumage dans un EAS

Le désenfumage est une composante vitale des EAS, car il permet de maintenir une atmosphère respirable en cas d’incendie. Le système de désenfumage fonctionne en évacuant les fumées toxiques et en renouvelant l’air à l’intérieur de l’EAS.

Les principes du désenfumage comprennent :

  • Extraction des fumées : Utilisation de ventilateurs pour évacuer les fumées hors de l’EAS,
  • Apport d’air frais : Introduction d’air frais pour diluer les gaz toxiques et maintenir une pression positive,
  • Surpression : Utilisation d’un ventilateur de soufflage pour garantir la mise à l’abri des fumés. 

Désenfumage des circulations horizontale en habitation : que faut-il savoir ?

La sécurité incendie dans les habitations est un enjeu majeur. Le désenfumage des circulations horizontales est compris dans les dispositifs essentiels pour assurer cette sécurité. Mais qu’est-ce que le désenfumage, et pourquoi est-il si important pour les occupants des immeubles d’habitation ? Cet article se propose de vous fournir toutes les informations nécessaires pour comprendre le fonctionnement et l’importance du désenfumage des circulations horizontales en habitation.

Désenfumage des circulations horizontales : Définition

Le désenfumage des circulations horizontales fait référence aux méthodes et aux systèmes mis en place pour évacuer les fumées générées lors d’un incendie dans les couloirs et autres espaces horizontaux des bâtiments. Ce processus est vital car il permet de maintenir les voies de sortie dégagées, réduisant ainsi les risques d’asphyxie et facilitant l’évacuation des occupants et l’intervention des secours.

Désenfumage naturel, mécanique ou hybride

Il existe plusieurs techniques pour désenfumer les circulations horizontales en habitation, chacune ayant ses avantages spécifiques :

  • Désenfumage naturel : Utilise les différences de pression et de température pour évacuer les fumées par des ouvrants en façade, en toiture ou par des conduits de désenfumage et bouches d’extraction. Ce système est souvent utilisé dans les petits immeubles ou les bâtiments ayant de grandes surfaces ouvertes,
  • Désenfumage mécanique : Implique l’utilisation de ventilateurs, de conduits et de bouches d’extraction pour extraire les fumées. Ce système est plus complexe mais permet une évacuation plus contrôlée et efficace des fumées, particulièrement dans les grands immeubles,
  • Systèmes hybrides : Combinent les techniques de tirage naturel et mécaniques pour maximiser l’efficacité du désenfumage en s’adaptant aux spécificités architecturales du bâtiment.

Réglementation et normes en vigueur

La mise en place et l’entretien des systèmes de désenfumage des circulations horizontales en habitation sont régis par des normes strictes. Ces réglementations visent à garantir la sécurité des occupants en assurant que les systèmes de désenfumage sont performants et fiables.

Arrêté du 31 janvier 1986

Le désenfumage des circulations horizontales dans les bâtiments d’habitation est régi par l’Arrêté du 31 janvier 1986. Voici quelques points clés à retenir :

  • Le désenfumage est obligatoire pour les familles 3B et 4.
  • En cas d’incendie, le désenfumage protège les personnes en évacuant les fumées et les gaz combustibles à l’extérieur du bâtiment,
  • Les volets sont positionnés sur des conduits d’amenée d’air et des conduits d’évacuation de fumées qui traversent l’ensemble des étages,
  • Des détecteurs incendie donneront l’alerte au tableau de désenfumage qui envoie alors un ordre électrique aux volets de désenfumage assurant l’ouverture de 20 dm² permettant le balayage des fumées.

Désenfumage escalier en habitation

La réglementation sur le désenfumage des escaliers en habitation est principalement régie par l’Arrêté du 31 janvier 1986. Voici quelques points clés à retenir :

  • Le désenfumage est obligatoire dans les logements de 3e famille B et de 4e famille, tels que décrits dans l’arrêté du 31 janvier 1986 du Code de la Construction et de l’habitation. Cela concerne donc tous les logements collectifs de plus de 28 mètres de hauteur,
  • Un ouvrant de 1 m² (fermé en temps normal) est obligatoire en partie haute de l’escalier, avec une commande au RDC,
  • Pour la 3A, il est ouvrable via un DAD (détecteur autonome déclencheur). La commande sera électrique, pneumatique, hydraulique, électromagnétique ou électropneumatique,
  • Le châssis de désenfumage doit systématiquement être disposé au-dessus du niveau des linteaux des portes des derniers niveaux habités,
  • Le système de désenfumage doit être entretenu et vérifié annuellement.

Il est important de noter que les règles spécifiques peuvent varier en fonction de la taille et de la configuration du bâtiment. Pour une application précise de ces règles, il est recommandé de consulter un professionnel ou de se référer directement à l’arrêté.

Installation et maintenance des systèmes de désenfumage

Pour que les systèmes de désenfumage fonctionnent correctement en cas d’incendie, leur installation doit être réalisée par des professionnels qualifiés tel que SAVPRO et conformément aux normes en vigueur. De plus, une maintenance régulière est indispensable pour s’assurer que tous les composants fonctionnent correctement et qu’il n’y a pas de défaillance.

Surveillance des ouvrants de désenfumage

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Conclusion

Le désenfumage des circulations horizontales en habitation est un aspect majeur de la sécurité incendie. En comprenant son importance, les techniques disponibles, et les exigences réglementaires, les propriétaires et les gestionnaires de bâtiments peuvent mieux protéger les occupants et se conformer aux normes de sécurité. La sensibilisation et l’entretien régulier des systèmes de désenfumage sont essentiels pour garantir leur efficacité en cas d’urgence.

Questions fréquemment posées

Pourquoi le désenfumage des circulations horizontales est-il important ?

Le désenfumage permet d’évacuer les fumées, facilitant ainsi l’évacuation des occupants et l’intervention des secours, tout en réduisant les risques d’asphyxie.

Quelles sont les méthodes de désenfumage disponibles ?

Les principales méthodes sont le désenfumage naturel, le désenfumage mécanique, et les systèmes hybrides qui combinent les deux.

Comment assurer la maintenance des systèmes de désenfumage ?

La maintenance doit être réalisée régulièrement par des professionnels qualifiés, avec des tests périodiques pour vérifier le bon fonctionnement des systèmes.

Quels sont les avantages d’un bon système de désenfumage ?

Un bon système de désenfumage améliore la sécurité des occupants, assure la conformité réglementaire et protège les biens en limitant les dommages causés par les fumées.

Qui doit installer les systèmes de désenfumage ?

Les systèmes doivent être installés par des professionnels certifiés qui connaissent les normes et les meilleures pratiques en matière de désenfumage.

Sources :

legifrance.gouv.fr (circulation horizontale)

legifrance.gouv.fr (articles DF)

france-air.com

Désenfumage en ERP : quelles obligations ?

Les principes du désenfumage en ERP

Les trois principes fondamentaux

Les trois principes fondamentaux du désenfumage en ERP (Établissements Recevant du Public) comprennent :

  1. Favoriser l’évacuation du public : Le désenfumage permet d’améliorer la visibilité et de minimiser les risques d’asphyxie lors de l’évacuation, en évacuant rapidement la fumée d’un bâtiment en feu,
  2. Limiter la propagation du feu : Grâce à l’évacuation de la fumée et de la chaleur, le désenfumage empêche l’incendie de se propager davantage,
  3. Faciliter l’intervention des secours : En évacuant les fumées, le désenfumage offre un environnement plus sûr pour les unités d’intervention, ce qui facilite leur travail.

Ces principes sont au cœur de la réglementation en matière de désenfumage, notamment l’arrêté du 25 juin 1980 modifié. Le respect de ces principes est essentiel pour assurer la sécurité des personnes présentes dans l’ERP en cas d’incendie.

La définition technique du désenfumage

La définition technique du désenfumage se base sur deux éléments clés : les amenées d’air et les extractions. Le premier permet l’entrée d’air frais dans le local en feu, tandis que le second assure l’évacuation des fumées et gaz de combustion hors du local.

Un système de désenfumage bien conçu doit permettre un balayage efficace du local, ce qui signifie qu’il doit être capable d’évacuer les fumées sur toute la surface du local, et non seulement à proximité de l’exutoire ou de la bouche. Les principes de balayage et de coefficient d’efficacité sont cruciaux pour assurer l’efficacité des opérations de désenfumage.

Les types de désenfumage : naturel et mécanique

Désenfumage naturel : avantages et inconvénients

Le désenfumage naturel repose sur le principe de la convection, qui fait monter naturellement la chaleur. Cette méthode présente plusieurs avantages et inconvénients :

Avantages :

  • Économique : Pas besoin de système mécanique qui consomme de l’énergie,
  • Respectueux de l’environnement : Pas de consommation d’énergie électrique,
  • Simplicité d’installation et de maintenance : Moins de pièces électriques signifie moins de pannes.

Inconvénients :

  • Efficacité limitée : Dépend des conditions climatiques et de la configuration du bâtiment,
  • Ne convient pas pour tous les bâtiments : Locaux en pied d’immeuble, locaux aveugles,
  • Réglementation stricte : Conforme à la norme NF S61-932 et à l’instruction technique IT 246 pour les ERP.

Désenfumage mécanique : avantages et inconvénients

Le désenfumage mécanique, qui repose sur l’utilisation de ventilateurs pour extraire les fumées, présente divers avantages et inconvénients à prendre en compte :

Avantages :

  • Réactivité : Ce système peut évacuer rapidement de grandes quantités de fumée, ce qui peut faciliter l’évacuation des personnes et l’intervention des secours,
  • Indépendance climatique : Contrairement au désenfumage naturel, son efficacité ne dépend pas des conditions climatiques.

Inconvénients :

  • Coût : Le désenfumage mécanique peut impliquer des coûts d’installation et de maintenance plus élevés.

Comment choisir entre désenfumage naturel et mécanique ?

Pour choisir entre le désenfumage naturel et le désenfumage mécanique, plusieurs critères sont à prendre en compte.

  • Taille et configuration du bâtiment : Les bâtiments de grande taille ou à configuration complexe peuvent nécessiter un système mécanique pour garantir une évacuation efficace des fumées,
  • Exigences réglementaires : Certaines régulations spécifiques peuvent imposer le type de désenfumage à mettre en place. Par exemple, pour certains ERP, le désenfumage mécanique peut être obligatoire,
  • Conditions d’accessibilité à l’extérieur : Pour un désenfumage naturel, l’accessibilité à l’extérieur est un critère essentiel puisque l’évacuation des fumées se fait par les ouvertures naturelles du bâtiment,
  • Budget disponible : Le coût d’installation et de maintenance d’un système mécanique peut être plus élevé que celui d’un système naturel.

Réglementation du désenfumage en ERP : IT 246

Les obligations de la réglementation IT 246

La réglementation IT 246 impose plusieurs obligations en matière de désenfumage pour les ERP. Elle stipule que les systèmes de désenfumage doivent être installés dans :

  • Les locaux d’une surface supérieure à 300 m², que ce soit au rez-de-chaussée ou en étage,
  • Les locaux enterrés ou aveugles d’une surface supérieure à 100 m².

Les circulations de plus de 30 mètres de longueur doivent également être équipées.

Pour les ERP, l’Instruction Technique 246 précise également la notion de surface utile des exutoires. Pour les locaux de moins de 1000 m², cette surface utile est définie à 1/200ème de la surface au sol.

Enfin, l’IT 246 donne des instructions précises sur le dimensionnement des exutoires de fumées et les écrans de cantonnement. Ces éléments sont fondamentaux pour garantir l’efficacité du désenfumage.

Le rôle de l’arrêté spécifique en matière de désenfumage ERP

L’arrêté spécifique en matière de désenfumage ERP apporte des précisions sur la mise en œuvre des systèmes de désenfumage en fonction du type et de la catégorie de l’établissement. Il complète la réglementation IT 246 et permet d’adapter les principes de désenfumage à la spécificité de chaque ERP.

Par exemple, l’arrêté du 22 juin 1990 apporte des dispositions particulières pour les ERP de 5ème catégorie. Il précise notamment les normes NF S 61-9XX à respecter pour ces établissements. De plus, l’arrêté du 22 mars 2004 (articles DF) donne des indications pour le désenfumage, notamment pour sa partie mécanisée.

L’obligation du désenfumage selon les catégories d’ERP

Désenfumage dans les ERP de 5ème catégorie

Pour les ERP de 5ème catégorie, les dispositifs de désenfumage sont régis par l’arrêté du 25 juin 1980. 

  • Les locaux accessibles au public doivent être désenfumés, particulièrement ceux de plus de 100 m² en sous-sol,
  • Les systèmes de détection automatique d’incendie, les installations de désenfumage et les installations électriques doivent être vérifiés à la construction et avant l’ouverture par des personnes ou des organismes agréés,
  • Pour les locaux d’une surface supérieure à 300 m², en RdC ou en étage, un système de désenfumage est nécessaire,
  • Les circulations d’une longueur supérieure à 30 mètres doivent également être équipées de dispositifs de désenfumage.

Il convient de noter que les ERP de 5ème catégorie sont moins strictement réglementés que ceux de plus grande taille, mais la sécurité incendie reste une priorité.

Désenfumage dans les IGH (Immeubles de Grande Hauteur)

Pour les IGH, le désenfumage est soumis à des règles spécifiques définies par l’arrêté du 18 octobre 1977. Le système de désenfumage doit être mis en route automatiquement, mais seulement dans le compartiment où l’incendie a lieu.

Il est obligatoire d’installer des dispositifs de désenfumage pour les circulations horizontales communes et dans les escaliers.

Cela contribue à assurer :

  • La mise à l’abri des fumées,
  • La surpression des escaliers,
  • Le désenfumage des circulations horizontales.

L’IGH doit être équipé d’un système de sécurité incendie de catégorie A.

Où installer le système de désenfumage ?

Dans les cages d’escalier

L’installation du système de désenfumage dans les cages d’escalier est une mesure de sécurité primordiale. Le balayage naturel est généralement privilégié, réalisé par l’ouverture d’un exutoire d’une surface géométrique de 1m².

Le dispositif de commande de ce système est situé au niveau bas de la cage d’escalier. Le choix du système dépend également de la configuration de la cage d’escalier.

Par exemple, pour un escalier non encloisonné, le désenfumage n’est pas pratiqué si les volumes avec lesquels il communique ne sont pas obligatoirement désenfumés. Pour les volumes désenfumés, l’escalier doit être séparé des niveaux inférieurs par des écrans de cantonnement.

Dans les locaux aveugles et circulations

Dans les locaux aveugles (sans ouverture sur l’extérieur) et les circulations, l’installation d’un système de désenfumage est primordiale pour garantir la sécurité en cas d’incendie. Selon la réglementation Instruction Technique 246, les locaux aveugles de plus de 100 m² doivent être équipés de systèmes de désenfumage.

De même, les circulations horizontales communes nécessitent aussi un système de désenfumage, notamment dans les escaliers dont la partie supérieure doit comporter un exutoire. Ce dispositif permet d’évacuer les fumées et de limiter leur propagation.

Le choix du type de désenfumage (naturel ou mécanique) doit se faire en fonction de la configuration et des contraintes spécifiques de ces espaces. Il est crucial de veiller à la conformité de ces installations avec les normes en vigueur, telles que la norme européenne EN 12101-2 pour les dispositifs d’évacuation naturelle de fumée.

Les critères de calcul du système de désenfumage

Calcul de la surface du canton de désenfumage

Pour déterminer la surface du canton de désenfumage, plusieurs éléments sont à prendre en compte.

D’abord, il faut savoir que la surface maximale d’un canton est généralement de 1600 m², ou 60 mètres de longueur. Un canton est un espace délimité par des écrans de cantonnement ou par la configuration de la toiture.

Ensuite, il est nécessaire de comprendre que la surface utile d’extraction (SUE) est définie par la réglementation.

  • Pour une surface inférieure à 1000 m², la SUE est équivalente à 1/200ème de la surface du local,
  • Pour une surface supérieure à 1000 m², la SUE suit la règle du taux alpha (SUE = taux alpha x surface du canton), où le taux alpha dépend de la classe du canton, de la hauteur de référence et de l’épaisseur de la couche de fumées.

Enfin, il est important de noter que la superficie d’un canton de désenfumage est obtenue par projection horizontale du volume du canton.

Calcul de l’épaisseur de la couche de fumée

L’épaisseur de la couche de fumée (Ef) est un paramètre à prendre en compte dans le calcul du désenfumage. Selon les normes, cette épaisseur est généralement définie en fonction de la hauteur du volume concerné :

  • Si la hauteur est inférieure ou égale à 8 mètres, l’épaisseur de la couche de fumée est comprise entre 25% et 50% de cette hauteur.
  • Si la hauteur est supérieure à 8 mètres, l’épaisseur de la couche de fumée est fixée à 2 mètres.

La vérification et le contrôle du système de désenfumage

Les normes de vérification du système

La vérification des systèmes de désenfumage est encadrée par diverses normes et réglementations. Pour les ERP, cette vérification est réalisée annuellement par un technicien compétent. Les vérifications concernent le fonctionnement des commandes manuelles et automatiques, ainsi que le fonctionnement des volets, exutoires et ouvrants de désenfumage.

La norme NF S 61-933 stipule les opérations de vérification et de maintenance relatives aux dispositifs de désenfumage. Elle distingue 5 niveaux de compétence pour la maintenance.

D’autres normes, comme la norme européenne EN 12101-2, sont également à respecter pour les dispositifs d’évacuation naturelle de fumée et de chaleur (DENFC).

Quant aux volets de désenfumage, ils doivent être conformes aux normes NF-S 61-937-1 et NF-S 61-937-10.

L’importance du contrôle régulier

Le contrôle régulier du système de désenfumage est un élément crucial pour assurer la sécurité des occupants d’un ERP. Ce contrôle sert à vérifier que les installations répondent aux normes de sécurité les plus récentes et qu’elles sont prêtes à réagir efficacement en cas d’incident. Il minimise ainsi les risques pour les occupants et les intervenants.

  • Selon la règle R17 de l’Assemblée Plénière des Sociétés d’Assurance Dommages (APSAD), les installations de désenfumage naturel doivent faire l’objet d’une maintenance régulière pour assurer leur bon fonctionnement,
  • Les contrôles réguliers conformes à la NF S 61-933 sont essentiels pour garantir que les installations répondent aux normes de sécurité les plus récentes,
  • Les dispositifs de désenfumage et les moyens d’extinction et de secours doivent être vérifiés annuellement dans les ERP et IGH.

Désenfumage mécanique : pourquoi le choisir ?

Comment fonctionne le désenfumage mécanique ?

Principe

Le désenfumage mécanique est basé sur le principe d’aspiration forcée des fumées et des gaz chauds. Le système comprend des ventilateurs d’extraction qui sont activés en cas d’incendie. Ces ventilateurs aspirent la fumée, la canalisent à travers un réseau de conduits de désenfumage et la rejettent à l’extérieur du bâtiment.

Extraction et amenée d’air

Le système de désenfumage mécanique inclut l’extraction et l’amenée d’air pour garantir une bonne évacuation des fumées et faciliter l’intervention des pompiers en cas d’incendie. 

L’amenée d’air permet de compenser l’extraction et maintenir une pression stable à l’intérieur du bâtiment. Ces amenées d’air peuvent être naturelles, via des ouvertures spécifiques, ou mécaniques, grâce à des ventilateurs de soufflage.

Débit d’air

La disposition correcte des bouches d’amenée d’air est essentielle pour assurer un balayage efficace du volume concerné et ainsi faciliter l’évacuation des fumées.

Surpression

En complément de l’extraction, le système peut également mettre en surpression relative les espaces à protéger des fumées. Cela empêche la propagation des fumées vers ces zones en créant une barrière d’air.

Commande

Le système est généralement contrôlé par des détecteurs de fumée et peut être activé manuellement ou automatiquement.

Maintenance et contrôle des systèmes de désenfumage mécanique

Le contrôle et la maintenance des systèmes de désenfumage permettent d’assurer leur bon fonctionnement en cas d’urgence. L’entretien courant des éléments mécaniques et électriques doit être effectué en conformité avec les prescriptions des constructeurs. 

  • La maintenance préventive vise à garantir le bon fonctionnement des installations en contrôlant régulièrement leur état et en effectuant les réparations nécessaires avant qu’un problème ne survienne,
  • La maintenance corrective, quant à elle, intervient lorsqu’une défaillance est constatée, afin de rétablir le fonctionnement du système.

La périodicité de ces interventions doit être respectée, avec au minimum une vérification annuelle par un technicien qualifié. Les obligations légales de maintenance varient en fonction du type d’établissement (ERP, IGH, etc.) et de la nature du système de désenfumage (naturel ou mécanique).

Dispositif de désenfumage : ERP et réglementation

En matière de désenfumage, les Établissements Recevant du Public (ERP) sont soumis à une réglementation stricte, le but étant d’assurer la sécurité des personnes en cas d’incendie.

Les articles DF 1 à DF 10 du Règlement de Sécurité contre l’Incendie Relatif aux ERP détaillent les obligations en ce qui concerne le désenfumage.

Selon la réglementation IT 246, le désenfumage par tirage mécanique est envisageable si la superficie atteint certains seuils :

  • Plus de 100m² en sous-sol,
  • 300m² en rez-de-chaussée et en étage,
  • Plus de 100m² sans ouverture sur l’extérieur.

Il est aussi à noter que le Règlement Européen des Produits de Construction (RPC) 305/2011 couvre les volets de désenfumage, qui doivent être certifiés conformes selon EN12101-8 et respecter les normes NF-S 61-937-1 et NF-S 61-937-10.

Application dans les escaliers et autres locaux

L’application du désenfumage mécanique dans des escaliers et autres locaux est soumise à certaines spécificités. Les escaliers, en particulier, sont souvent soumis à une réglementation spécifique qui interdit l’extraction mécanique des fumées. Il est donc primordial d’adapter le système de désenfumage aux caractéristiques de chaque local.

Pour les autres locaux, l’efficacité du désenfumage mécanique repose sur une bonne coordination de plusieurs éléments comme la superficie du local, la disposition des bouches d’extraction et d’amenée d’air ou encore la mise en surpression relative.

Dans tous les cas, le respect de la réglementation en vigueur est impératif pour assurer la sécurité de tous.

Questions fréquemment posées

Quelle est la différence entre un désenfumage naturel et mécanique ?

Le désenfumage naturel utilise le principe de convection thermique pour évacuer la fumée et les gaz chauds à travers des ouvertures prévues à cet effet, comme des exutoires de toiture ou des ouvrants en façade. Il ne nécessite pas d’énergie mécanique et dépend des conditions climatiques.

Le désenfumage mécanique, en revanche, utilise des ventilateurs pour aspirer et évacuer la fumée et les gaz chauds à travers un système de conduits. Il est plus rapide et efficace, indépendant des conditions climatiques, et est particulièrement utile dans les bâtiments sans ouvertures et dans des locaux commerciaux en pied d’immeuble.

Sources :

venti-concept.com/desenfumage-mecanique

infoprotection.fr

Conduit de désenfumage : quelles obligations ? 

Principes de fonctionnement d’un conduit de désenfumage 

Le rôle des gaines coupe-feu dans le système 

Les gaines coupe-feu, généralement en STAFF ou en PROMAT, sont conçues pour empêcher la propagation du feu et de la fumée à travers les conduits de désenfumage, ventilation et les passages de câbles.  

  • Elles assurent le désenfumage et la ventilation lors d’un incendie, 
  • Elles peuvent être installées horizontalement ou verticalement, ce qui offre une grande flexibilité d’installation, 
  • Leur résistance au feu doit être équivalente à celle de la paroi coupe-feu qu’elles traversent, 
  • Elles doivent être étanches pour empêcher la propagation de l’incendie d’un local à l’autre. 

Elles constituent ainsi une composante essentielle du système de désenfumage, contribuant à l’évacuation efficace des fumées en cas d’incendie. 

Comment fonctionne le volet de désenfumage ? 

Les volets de désenfumage sont généralement installés sur des conduits d’évacuation de fumées et d’amenée d’air, traversant l’ensemble des étages d’un bâtiment. 

En cas d’incendie, les détecteurs de fumée envoient un signal au tableau de désenfumage, qui déclenche l’ouverture des volets. Cette ouverture crée une voie d’évacuation pour les fumées et les gaz toxiques accumulés en hauteur, tout en permettant l’entrée d’air frais en partie basse. 

Pour un fonctionnement optimal, ces volets sont souvent associés à des ventilateurs qui augmentent la force d’aspiration des fumées pour leur évacuation vers l’extérieur. 

Chaque volet de désenfumage est spécifiquement associé à un étage ou une zone du bâtiment. Ainsi, en cas d’incendie à un étage donné, seul le volet correspondant à cet étage s’ouvrira, permettant un désenfumage ciblé et efficace. 

Mécanismes de circulation et d’évacuation des fumées 

La circulation et l’évacuation des fumées s’opèrent grâce à des mécanismes spécifiques. Cela peut se réaliser par tirage naturel, où l’évacuation de fumée et les amenées d’air naturelles communiquent, soit directement, soit par des conduits, avec l’extérieur. 

Avec une disposition optimale, ces dispositifs assurent un balayage satisfaisant du volume concerné. Le débit d’air reste un élément essentiel à la réussite du désenfumage. 

Types de conduits de désenfumage et matériaux utilisés 

Conduits en béton : avantages et inconvénients 

Les conduits en béton présentent plusieurs avantages et inconvénients lorsqu’ils sont utilisés pour le désenfumage. 

La principale vertu du béton réside dans sa résistance au feu. En cas d’incendie, il conserve sa structure et ses propriétés plus longtemps que d’autres matériaux. 

De plus, le béton a une excellente tenue mécanique, ce qui garantit la stabilité du conduit même lorsque le feu est à l’intérieur et à l’extérieur de celui-ci. 

Néanmoins, sa mise en place nécessite une manutention adaptée en raison de son poids important. Sa fabrication a un impact environnemental non négligeable, avec notamment une consommation énergétique élevée et des émissions de CO2 importantes. 

Gaines métalliques : caractéristiques et utilisation 

Les gaines métalliques sont une option couramment utilisée dans la conception des conduits de désenfumage. Reconnaissables par leur robustesse, elles se distinguent par leur résistance à la chaleur, leur étanchéité et leur longue durée de vie. 

Pour répondre aux normes de sécurité, les gaines métalliques doivent présenter certaines caractéristiques spécifiques. Notamment, l’épaisseur minimale de l’acier galvanisé doit être de 7/10mm. Les sections maximales sont généralement de Ø1000 mm, avec des longueurs maximales du conduit allant jusqu’à 3000 mm. 

Dans le cadre de leur utilisation, ces gaines sont adaptées aussi bien pour les conduits de ventilation que pour les conduits de désenfumage. 

Le rôle du carreau de plâtre dans la composition des conduits 

Le carreau de plâtre est un matériau clé dans la fabrication des conduits de désenfumage, notamment grâce à ses propriétés d’isolation thermique et de résistance au feu. Il est souvent associé à d’autres matériaux, pour former des conduits efficaces.  

Composé essentiellement de plâtre, le carreau est léger et facile à manipuler, ce qui facilite sa mise en œuvre sur les chantiers. Il offre également une bonne étanchéité, empêchant ainsi la propagation des fumées à travers le conduit.  

La mise en œuvre des carreaux de plâtre doit respecter certaines recommandations spécifiques, pour garantir l’étanchéité à l’air et aux gaz chauds. 

Installation d’un conduit de désenfumage vertical 

Dimensionnement standard et spécifique des conduits 

Le dimensionnement des conduits de désenfumage doit tenir compte de plusieurs facteurs. Il doit respecter les normes établies par les réglementations en vigueur, comme le Code du travail (articles R. 4216-13 à R 4216-17, R. 4216-29). Ces normes précisent notamment les dimensions minimales des ouvertures, qui ne doivent pas être inférieures à 0,20 m. 

Pour un dimensionnement standard, certains formats existent, comme les conduits standards 40 x 50 cm, 36 x 56 cm et 32 x 64 cm. Ces formats sont généralement adaptés à la plupart des bâtiments. 

Cependant, dans certains cas, un dimensionnement spécifique peut être nécessaire. Il peut s’agir de situations où le bâtiment présente des caractéristiques particulières, telles qu’une hauteur sous plafond faible, qui nécessite des conduits de dimensions adaptées. 

Le dimensionnement approprié des conduits de désenfumage est essentiel pour assurer une évacuation efficace des fumées en cas de départ de feu, favorisant l’évacuation des personnes présentes et facilitant l’intervention des services de secours. 

Installation à l’extérieur du bâtiment : procédure et précautions 

L’installation d’un conduit de désenfumage à l’extérieur du bâtiment doit être réalisée avec précaution et de manière méthodique. 

Avant de commencer, il est crucial de vérifier que l’emplacement choisi est conforme aux spécifications du plan d’installation et respecte les réglementations en vigueur. 

Le conduit doit être installé de manière qu’il ne soit pas obstrué et qu’il permette une évacuation efficace des fumées. 

Pour la sécurité de l’installateur, il est nécessaire d’utiliser des équipements de protection individuelle adaptés, notamment lors de travaux en hauteur.  

Enfin, il est essentiel de réaliser un test de fonctionnement après l’installation pour s’assurer que le conduit de désenfumage fonctionne correctement. 

L’importance de l’isolation thermique dans un conduit vertical 

L’isolation thermique d’un conduit vertical de désenfumage est un facteur crucial pour assurer son efficacité en cas d’incendie. Le matériau isolant doit être capable de résister à des températures élevées pour éviter la propagation du feu à travers le conduit. Ainsi, on utilise souvent des matériaux incombustibles comme la vermiculite, connue pour ses excellentes propriétés d’isolation thermique. 

Un conduit bien isolé assure une évacuation efficace des fumées tout en limitant l’élévation de température à l’intérieur du conduit. Cela permet non seulement de contrôler la propagation de la chaleur et des flammes, mais aussi de protéger le bâtiment et ses occupants. 

L’isolation thermique des conduits de désenfumage est réglementée par des normes précises, comme la norme EN 1366-1, qui prévoit des essais pour mesurer l’isolation thermique du conduit en conditions d’incendie. Ces essais garantissent que le conduit peut maintenir une température côté non-exposé au feu inférieur à 140 °C en moyenne et 180 °C en tout point. 

Réglementation en vigueur pour les conduits de désenfumage 

La réglementation en matière de conduits de désenfumage est définie par plusieurs textes de loi et normes techniques. Le Code du travail spécifie les locaux concernés et les dimensions des dispositifs à prévoir. Par exemple, tout local de plus de 300 m² ou aveugle de plus de 100 m² doit être équipé d’un dispositif de désenfumage. 

Les dispositifs de désenfumage doivent également être conformes à la norme EN 12101-2 et porter le marquage CE. De plus, pour les établissements recevant du public (ERP), les exploitants sont tenus de maintenir les appareils de désenfumage en conformité avec la réglementation. 

Au niveau européen, le Règlement Européen des Produits de Construction (RPC) 305/2011 couvre les volets de désenfumage. Les volets doivent avoir un certificat de conformité CE selon EN12101-8 et être conformes aux normes NF-S 61-937-1 et NF-S 61-937-10. 

La réglementation IT 246 stipule qu’il faut équiper de systèmes de désenfumage : les locaux d’une surface supérieure à 300 m², en RdC ou en étage, les locaux enterrés ou aveugles d’une surface supérieure à 100 m² et les circulations d’une longueur supérieure à 30 mètres. 

Normes d’installation et de maintenance des conduits 

L’installation et la maintenance des conduits de désenfumage sont régies par plusieurs normes. La norme NF S 61-933 établit les règles d’exploitation et de maintenance. Les installations doivent faire l’objet d’une vérification annuelle par un technicien compétent. 

Selon la règle R17 de l’APSAD, les installations de désenfumage naturel requièrent une maintenance régulière pour assurer leur bon fonctionnement. Les conduits de ventilation et de désenfumage doivent être testés suivant les normes EN 1366-8 et EN 1366-1

En outre, la norme NF EN 12101-7 s’applique aux tronçons de conduit de désenfumage, qui doivent être conformes pour faire partie d’un système à différentiel de pression ou d’un système d’évacuation des fumées.  

Contrôles réguliers et certification des conduits 

Assurer un contrôle régulier des conduits de désenfumage est non seulement une obligation légale mais aussi une mesure de sécurité évidente. Ces contrôles comprennent, entre autres, la vérification du fonctionnement des dispositifs de commande, des exutoires, des ouvrants et des réseaux de distribution. 

Les conduits de désenfumage doivent être certifiés conformes aux normes en vigueur. Les certifications telles que l’APSAD I17 & F17 sont des gages de qualité et d’efficacité des installations. Elles témoignent de la capacité de l’entreprise à réaliser, valider et maintenir des installations fiables et sûres. 

Des contrôles périodiques obligatoires sont nécessaires pour vérifier la conformité des installations. Ces contrôles doivent être effectués par des professionnels agréés, capables d’intervenir rapidement et de fournir un service conforme aux dernières réglementations. 

Questions posées fréquemment 

Qui ouvre les trappes de désenfumage ? 

Les trappes de désenfumage sont généralement équipées d’un mécanisme de déclenchement à distance, comme un treuil, qui permet leur ouverture en cas d’incendie. 

Qu’est-ce qu’une gaine de désenfumage ? 

Une gaine de désenfumage est un conduit utilisé pour évacuer la fumée d’un bâtiment en cas d’incendie, afin de minimiser les risques d’asphyxie et améliorer la visibilité durant l’évacuation. 

Désenfumage : rôle, règlementation et maintenance

Quel est le rôle du désenfumage ?

Le rôle du désenfumage est triple :

  1. Faciliter l’évacuation des occupants : En évacuant la fumée, on offre plus de chances aux occupants de trouver la sortie pour se mettre à l’abri,
  2. Limiter la propagation de l’incendie : L’évacuation des fumées chaudes contribue également à limiter l’augmentation de température à l’intérieur des locaux et à éviter l’embrasement généralisé,
  3. Permettre l’accès des locaux aux pompiers : En réduisant la quantité de fumée, on facilite l’intervention des services de secours.

Les différents systèmes de désenfumage : naturel et mécanique

Le désenfumage naturel repose sur des exutoires et des systèmes d’évacuation de fumées qui communiquent avec l’extérieur. Ces dispositifs sont installés de manière à favoriser le balayage du local ou des pièces. Ce système est principalement utilisé pour les bâtiments ayant un volume important.

Le désenfumage mécanique, quant à lui, utilise des ventilateurs pour aspirer la fumée et la rejeter vers l’extérieur grâce à un circuit de conduits adapté. Ce système est rapide et efficace pour évacuer de grandes quantités de fumées en peu de temps. Il est utile pour les bâtiments dits « borgnes », c’est-à-dire sans ouverture.

Quel rôle des exutoires dans le désenfumage ?

Les exutoires de désenfumage jouent un rôle dans le système de sécurité incendie. Ils permettent d’extraire une partie des fumées et des gaz chauds en début d’incendie afin de maintenir praticables les cheminements destinés à l’évacuation du public. 

Les exutoires contribuent à limiter la propagation de l’incendie en lieux clos et à faciliter l’intervention des secours.

Réglementation, normes, code du travail

Selon le Code du travail (articles R4216-13 à R4216-17), le désenfumage est obligatoire dans certaines conditions. Cela concerne notamment les locaux de plus de 300 m², les locaux aveugles de plus de 100 m² et les sous-sols de plus de 100 m². Le code du travail précise aussi les modalités de mise en place des systèmes de désenfumage.

En complément, la Norme française de Sécurité NF S 61-933 et l’arrêté du 25 juin 1980 DF9 fixent les obligations de maintenance des installations de désenfumage. Les normes européennes EN 12101-xx quant à elles, définissent les critères pour les produits intégrés au système de désenfumage.

L’arrêté du 5 août 1992 définit également les règles d’exécution technique concernant les écrans de cantonnement et les systèmes de désenfumage.

La règlementation impose également de débit d’extraction.

Les spécificités en ERP et IGH

Pour les Établissements Recevant du Public (ERP) et les Immeubles de Grande Hauteur (IGH), le désenfumage est une obligation réglementaire. Le dispositif varie selon la catégorie de l’établissement en question.

Pour les ERP, c’est la réglementation IT 246 qui s’applique. Les critères tels que la surface et le type de local (enterré, aveugle, en étage) déterminent l’obligation d’équipement.

En ce qui concerne les IGH, l’Article Instruction technique IGH stipule qu’ils doivent être équipés d’un système de désenfumage mécanique. Ce système est contrôlé automatiquement par la détection incendie, avec une commande manuelle en doublon.

L’importance de la maintenance du système de désenfumage

La maintenance régulière des systèmes de désenfumage est cruciale pour garantir leur bon fonctionnement en cas d’incendie. Cela implique des inspections visuelles et des tests périodiques effectués par des professionnels qualifiés. Le respect des normes est essentiel, car un système de désenfumage défaillant peut mettre en danger la vie des occupants du bâtiment.

Plusieurs solutions sont possibles pour votre maintenance :

  • S’équiper du [nom du produit] qui permettra au technicien une vérification sans monter sur le toit,
  • Faire intervenir un technicien ayant une habilitation directement sur le toit.

Fonctionnement d’un volet de désenfumage

Un volet de désenfumage est un élément essentiel de sécurité dans les bâtiments. Il a pour but d’évacuer les fumées qui émanent d’un incendie, de créer un espace d’air sain juste en dessous de la fumée présente, et de limiter la progression d’un incendie.

Voici comment fonctionne un volet de désenfumage :

  1. Les volets de désenfumage sont installés dans (ou connectés à) la paroi d’un conduit de désenfumage et sont fermés en position d’attente,
  2. L’ordre d’ouverture est donné par la centrale incendie, qui envoie un signal au mécanisme du volet,
  3. Le volet bas apporte l’air frais dans l’espace à désenfumer et la fumée est évacuée par le volet haut.

Comment calculer l’efficacité d’un système de désenfumage

L’efficacité d’un système de désenfumage est généralement évaluée en fonction de la surface utile d’installation (SUI), de la surface géométrique d’installation (SGI) et de la surface libre (SL) selon la réglementation applicable au type de bâtiment ou local.

Voici quelques règles de calcul pour différents types de bâtiments :

  • Locaux de travail : La surface utile DENFC (Aa) équivaut à 1/200e de la surface du local. La surface géométrique DENFC (Av) vaut 1/100e de la surface du local avec un minimum de 1 m². La surface libre des amenées d’air correspond à la surface géométrique des DENFC.
  • Établissements Recevant du Public (ERP) : Pour les locaux ≤ 1 000 m², la surface utile DENFC vaut au moins 1/200e de la surface du local. Elle peut aussi être calculée en utilisant le tableau servant aux locaux de plus de 1 000 m² avec le taux α en %.
  • Entrepôts : La surface utile DENFC (Aa) = 2% de la surface du canton. La surface libre des amenées d’air équivaut à la surface géométrique des DENFC.

La commande et le réarmement du système de désenfumage

La commande du système de désenfumage peut être réalisée de manière manuelle, électrique ou pneumatique. Les commandes manuelles, bien qu’efficaces, nécessitent une intervention humaine pour être activées. Les commandes électriques, quant à elles, offrent une souplesse de fonctionnement et un contrôle par zone sans nécessiter d’entretien régulier. Enfin, les commandes pneumatiques à air comprimé peuvent être activées à distance, ce qui est particulièrement utile en cas de danger imminent.

Le réarmement du système de désenfumage est une étape cruciale après une activation. Pour les systèmes pneumatiques, le réarmement doit être effectué manuellement. Cela garantit que le système est prêt à être réutilisé en cas de besoin. Certains systèmes de commande disposent d’un réarmement interne et externe, tous deux nécessitant une vérification fonctionnelle régulière pour assurer leur bon fonctionnement.

Amenée d’air, bouches et débit d’extraction

L’amenée d’air, les bouches et le débit d’extraction sont des éléments clés du système de désenfumage.

L’amenée d’air est le processus par lequel l’air extérieur est introduit dans le bâtiment, principalement pour remplacer les fumées extraites lors d’un incendie.

Les bouches sont des ouvertures spécialement conçues pour permettre l’entrée ou la sortie d’air. En général, les bouches d’amenée d’air sont positionnées en partie basse du volume à désenfumer, tandis que les bouches d’extraction sont installées en position haute.

Le débit d’extraction, quant à lui, est la quantité d’air, généralement mesurée en mètres cubes par seconde, qui est extraite du bâtiment. Une gestion adéquate du débit d’air est essentielle pour le bon fonctionnement du système de désenfumage.

Questions fréquemment posées

Quels sont les deux modes de désenfumage ?

Il existe deux modes de désenfumage :

  • Naturel,
  • Mécanique.

Comment fonctionne le désenfumage mécanique ?

Le désenfumage mécanique utilise des ventilateurs pour aspirer la fumée et l’évacuer hors du bâtiment. Il est souvent utilisé dans les grands bâtiments où le désenfumage naturel n’est pas suffisant.

Sources :

boschat-laveix.com

kingspan.com

vim.fr

rft.eu